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25/12/2006

Les poètes apatrides (Boualem RABIA)

  Hommage à Mohya

Pour que tu ne trembles plus

Main lasse des nécrologies

Pour que tu ne sanglotes plus

Plume échancrée

Désormais je dessinerai le soleil.

Quand, dans les abysses de la fin,

Tombera une énième étoile

Du firmament des apatrides,

De là-bas ou d’ici,

Affres de l’exil

Celui des hommes vrais

Qui vomissent sur la servitude

Celle des renégats

Et celle des mesquins appétits.

 

Pour que tu ne trembles plus

Plume trop endeuillée

À l’idée que la mort et l’oubli

Prennent à l’âme

Une à une nos plus brillantes étoiles.

Pour que, désormais, tu défies la solitude

La mort et l’oubli.

Désormais, plume lasse des nécrologies

Sous l’égide des Rebelles,

J’entonnerai l’hymne de la graine semée

En silence

Sur une autre nouvelle tombe.

Désormais, ma plume est écartelée :

Elle ne veut plus dire après le trépas

La bravoure des poètes exilés

Qui, de l’empyrée,

Se gaussent de nos fatras

   

Boualem RABIA