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16/11/2009

La Kabylie des Chasseurs Alpins (Roger CONROUX)

 « Plus de quarante ans après, lors d’une rencontre des anciens du 6°BCA, j’ai retrouvé Bernard qui se souvenait et m’a rafraîchi la mémoire. Il appartenait à la 4 ° compagnie cantonnée au sud de Michelet, notre PC . Ce jour là il avait été appelé en renforts avec ses camarades. De son côté et pour les mêmes raisons, notre compagnie, la 3°, avait été demandée d’urgence. Bernard se souvenait dans les moindres détails de l’embuscade qui venait de se produire et vers laquelle nos deux compagnies convergeaient rapidement. J’ai écouté avec beaucoup d’émotion son récit dont je vous livre les lignes qui suivent:

« Notre mission en plus des divers crapahuts, gardes et patrouilles, consistent à assurer au col de Tala Oumalou, près du village d’Azerole Kellat, la protection du passage de notre convoi.

Ce convoi relie une ou deux fois la semaine Michelet, Fort-National, Tizi-Ouzou, aller retour.

Ce samedi là, 19 octobre 1957, pas de protection prévue, mais une patrouille pour rechercher, en vue de leur conscription, de jeunes kabyles. Nous fouillons les villages de Ouahzen, Taourirt Menguelet, Tililit, Thamzout.

Il fait très chaud ; nous ne sommes pas loin de Michelet et cela s’annonce plutôt décontracté. Nous avons déjà recruté quelques jeunes villageois qui seront intégrés d’office dans l’armée pour y accomplir leur service militaire.

À onze heures du matin, nous sommes étonnés d’entendre et de voir rouler des camions en direction de Tizi-Ouzou.

Personne n’a apparemment assuré leur protection au sol. Quelques instants plus tard, au loin, en direction de Tala-Oumalou. Nous entendons des coups de feu. Les détonations deviennent de plus en plus violentes attestant du sérieux de l’accrochage. Par radio, le lieutenant Pillot demande des explications et propose le renfort de notre compagnie. Il y a un léger cafouillage car personne n’est très sûr de la nécessité d’une intervention. La radio du convoi pense que l’attaque n’est pas trop grave, mais il n y a pas de liaison avec les véhicules se trouvant à l’avant. Au bout d’un quart d’heure environ, nous recevons l’ordre de nous rendre rapidement sur les lieux de l’embuscade. Un petit groupe rejoint Michelet avec les circonscrits.

Les copains et moi, nous nous partageons en deux sections. Nous connaissons le terrain et, pendant que certains empruntent la ligne de crête, ma section évolue sur la route nationale. Au pas de course, mon fusil lance-grenades à la main avec l’équipe du porteur du fusil-mitrailleur, nous atteignons les lieux du combat.

Hélas, il est trop tard et malgré l’arrivée conjointe d’éléments de la troisième compagnie en provenance d’Ait Hichem nous constatons que leur embuscade réussie, les fells se sont évanouis dans la nature.

Le bilan de cette attaque est lourd.

Nous avons à déplorer sept morts et treize blessés plus ou moins graves. Nous apprenons aussi qu’un de nos véhicules a été pris d’assaut et que les occupants massacrés ont été dépouillés de leurs armes (deux fusils Garant, une carabine US, deux pistolets-mitrailleurs). Ce serait, paraît il, un commando de quatre vingt fellaghas qui a réussi cette embuscade. Notre convoi s’est trouvé pris sous un tir croisé. Les rebelles disposaient d’armement lourd (fusils-mitrailleurs et bazookas).

Nous recherchons et découvrons les emplacements de tir bien aménagés. Notre aviation de chasse vient d’arriver et cherche, dans un ballet bruyant, l’accrochage avec la bande qui s’est éparpillée sur le versant Est du col.

Des hélicoptères se posent et évacuent les blesses les plus graves. Nous ramassons nos morts qui sont entreposés dans un GMC bâché. Le convoi se reforme et, cette fois, les véhicules sous bonne escorte s’ébranlent en direction de Tizi-Ouzou. Un avion Piper sillonne le ciel.

Les jours qui suivent, ordre nous est donné de faire évacuer puis raser les villages d’Azrou Cellas (haut et bas).

Les mechtas sont détruites et incendiées, certaines maisons sont dynamitées. Le lieu est déclaré zone interdite. La population paie durement sa complicité plus ou moins volontaire avec les rebelles qui ont été hébergés plusieurs nuits durant.»

Grand merci à Bernard de m’avoir rappelé cette embuscade meurtrière. Le souvenir était toujours pénible à évoquer, mais nous le devions bien à la mémoire de ceux qui étaient tombés ce jour là. »

 

Conroux-Roger_La-Kabylie-des-Chasseurs-Alpins.jpgRoger CONROUX

 

La Kabylie des Chasseurs Alpins,

Terre de nos souffrances

 

Éditions des Écrivains

Extrait p. 165-166

 

Commentaires

Je me souviens de cette attaque, je devais avoir 8 ans, on entendait les cris des soldats pris sous le feu des rebelles.
Des larmes coulaient des yeux de ma mère en pensant à leur mère, mais le lendemain on allait le payer très cher !

Connaissez-vous le lieutenant Philippe Olibet si je me souviens bien, et Pichou, Augustin, Jean-Jacques et Gilles le communiste ?

Bien le bonjour à tous.

Écrit par : chacha | 09/01/2010

Oui, c'était mon oncle et donc le frère de mon père.
Avez-vous des informations sur lui durant la guerre d'Algerie.

Écrit par : Olibet | 07/10/2010

Oui, c'était mon oncle et donc le frère de mon père.
Avez-vous des informations sur lui durant la guerre d'Algerie.

Écrit par : Olibet | 07/10/2010

Bonjour,

Je suis à la recherche d'un jeune appelé français qui était dans la 7ème BCA de Agouni Fourou (Kouriet-Kabylie) ; il s'appelait Kolves ou Colvez François, originaire de Rouen. La période s'étalait de 1956-1960 je crois. c'était notre instituteur et nous avions gardé de tendres souvenirs de lui. Merci.

Écrit par : HECHICHE | 21/10/2011

j'aimerais bien demande les nouvelles de mon ancien instituteur, c'est un appelé qui à vécu au village selloum commune de maillot département de grande Kabylie, il s'appelait abio joseph , et c'est entre 1960 et 1962

Écrit par : LAROUS Rachid | 01/11/2011

Je suis à la recherche de renseignements sur les capitaines BROCHET et RIENDENON qui ont commandé les compagnies de chasseurs alpins stationnées à Agouni Oufourou, ait boumahdi et Tikichourt dans la région des Ouacifs en grande kabylie pendant la guerre d'algérie

Écrit par : azouaou IKHLEF | 07/11/2012

Je suis le frère d'un jeune fidaï qui a été exécuté à l'aube en 1957 (mars) au village agouni-ofourou qui s'appelait Hamich. Il avait tué un aspirant (Lenoir je pense) au milieu de la caserne avant de s'enfuir. L'officier qui l'avait tué s’appelle Jean leroi (ou Jean Roy) -capitaine SAS -15 jours après. Je suis à la recherche de photos de mon frère et du récit qui a précédé son exécution. Mr Colvez François ou un autre du 7ème BCA d'agouni oufourou peut me renseigner et me raconter ce dont il se souvient. Merci d'avance.

Écrit par : mechoub | 14/01/2013

Le 27 Avril 2013.

Je me rappelle très bien de cette ambuscade dréssée par une compagnie de l'ANP juste au nineau de l'école primaire
de Ouguemoune Izem face au ville de Azrou Kellal à l'endroi actuel de la station Naftal,moi je me trouvé en sens inverse du convoi qui se dirigé sur Fort National dans notre camion que conduisé notre chauffeur da Chabane,nous étions vers 16 heures à un virage visible à la fontaine en bas de l'école de Aguemoune Izem,le prmier véhicule attaqué était l'aftrac qu'on appelé à l'époque et nous apperçu à 200 Mètres ou nous étions ( à la décharge actuelle )2 militaires de l'ANP qui démontaient le fusil mitrailleur 24 du premier camion attaqué,dix minutes passées,nous avons fait demi tour sur Fort National ou nous avons déchargé notre carguaison de sable,et nous avons continué notre chemin sur Tizi Ouzou pour passer la
nuit,éffectivement comme témoigner Roger Conrous,j'étais
dèjà au village deux jours après,et dans l'après nous étions à Tighilt de Ait Hichem,bien visible en face des 3 villages pris en cible des bombardements féroces (Azrou,ikhef Oussamar et Aguemoune Izem,d'ailleurs une stelle en mémoire a été érrigée juste à 300 mètres en bas de la station Naftal actuel.Pour mémoire un jeune officier de l'ALN a été tué et nous l'avions enterré au cimetire de
Tizi Nedak juste en bas du camp militaire d'Ait Hichem,le 75 ème bataillon des chasseurs alpins qui s'était dèja installé tout au dèbut de la guerre en Novembre 1955 parmi les premiers campements à Michelet.

Écrit par : MEDDAHI | 27/04/2013

philippe olibet était un soldat merveuilleux, il nous a éviter plusieurs fois la mort, car il savait que nous sommes un refuge pour les "felagas", il venait souvent prendre le café à la maison, des liens se sont tissés entre nous, il a été meme soupconné de collaboration avec les fellagas, il a meme fait de la prison, s'il est encore en vie nous le saluons et donner lui le bonjour

Écrit par : mbarka ghilene | 09/05/2013

Mon oncle est malheureusement décédé à la fin de la guerre dans une embuscade car il n'y avait pas de relais pour transmettre les coordonnées de son emplacement. Mm Mbarka, pourriez-vous discuter avec moi : pour toutes informations, vous pouvez m'écrire sur mon Email : jeremie-olibet@orange.fr. Merci d'avance.

Écrit par : Jérémie Olibet | 22/05/2013

Un grand évènement historique s'est passé au village de AÏT AISSA OUYAHIA qui à l'époque faisait partie de la commune mixte de Djurdjura administration de Michelet grande Kabylie.
Le 13 aout 1957 j'avais 10ans et demi, et cet évènement est celui de la grotte de ce village qui a été découverte par l'armée Française. Dans cette grotte il y avait environ une quarantaine de personnes, combattants de l'ALN des maquisards et des civils et un grand nombre d'armement venant de l'extérieur pour y être distribué. J'ai un petit extrait de film de l'époque de l'intervention de l'armée pour extraire ces combattants et l'armement. Après avoir descendu tous ces hommes et munitions, seuls une dizaine de personnes ont été faits prisonniers, les autres ont été emmenées à quelques dizaines de mètres, toutes exécutées et enterrées dans un même trou. De cette histoire nous n'en savons pratiquement rien.
Roger CONROUX en a parlé dans son livre Kabylie( les chasseurs alpins terre de nos souffrances). Cette Année 2013 chez moi au village, nous avons fait un cimetière et un monument aux morts pour regrouper ces défunts. Aujourd'hui je souhaiterais rencontrer Monsieur Roger CONROUX ou d'autres personnes qui étaient soldat à l''époque de cet évènement. Mes démarches bien entendu ne sont que pour but historique car parmi ces morts figurait mon frère Hachimi. Je vis en France depuis 1959 et je suis à Rochefort en Charente Maritime. Si par chance un des soldats de l'époque de l'intervention de cette grotte veut bien prendre contacte avec moi je reste à sa disposition pour lui transmettre tous les renseignements me consternant. J'ai un grand espoir que quelqu'un se mettra en contacte avec moi. Cordialement NAÏT BEKKOU

Écrit par : NAÏT BEKKOU Ahsene | 22/05/2013

Vous pouvez de répondre du ma boîte email dahsene@hotmail.fr

Écrit par : Naît Bekkou | 23/05/2013

jeremie olibet je vous ai envoyé plusieurs e mails sans réponse les avez vous reçu

Écrit par : mbarka | 11/06/2013

Bonjour
je cherche des témoignages sur la guerre d'Algerie , dans la partie de la grande kabylie ou s,est installé le 6 eme BCA de 1956 a 1962
je cherche photos, témoignages oraux, livres et vidéo
écrire a sihadj.abdenour@gmail.com
www.iferhounen.blogs.nouvelobs.com
cordialement

Écrit par : si hadj mohand | 12/06/2013

m. roger conroux vous passiez surement à ouaghzen connaissez vous pichou, gille philippe olibet dont son neveu vient de m'apprendre qu'il était mort dans une embuscade, pouvez vous m'en dire plus, si vous avez des informations

Écrit par : mbarka | 13/06/2013

j.ai remncontre plusieurs chasseurs alpins qui ont participe a la guerre en kabylie entre 1956 et 1962. et qui m,ont enrichi ma documentation sur les memoires . je les remercie infiniment au nom du devoir de memoire particulirement
Jean Boulanger
Guy Fumey
Raymond Luttringer
Murzilli
Conroux
Rouby
et d,autres encore
je voudrais entrer en contacter avec François Lamour qui a séjourné a iferounene, village d ou je suis originaire et vécûs ma juenesse de la guerre
cordialement
sihadj.abdenour@gmail.com

Écrit par : si hadj mohand | 13/06/2013

Salutations,

Ait Bouyahia commune de Beni Doula vos connaisez le village, la region Merci a tous.

Écrit par : Taj | 10/07/2013

monsieur Nait Bekkou, vous n,avez pas laisse de coordonnées, mail, phone etc.., un livre vient de paraitre et qui retrace les péripéties de cet événement
sihadj.abdenour@gmail.com

Écrit par : si hadj mohand | 12/07/2013

Bjr: Je demande aux soldats du régiment installé a ouacif s'il y a bien qq qui puisse nous donnez des renseignement sur la capture de mansour ahcene né en 1928 a ait abdelali CNe ouacif capturé dans l operation jumelle et qui fut soigné pour sa blessure ...

Écrit par : Mader | 09/09/2013

le livre : ZAHRA, LA LEGENDE DU DJURDJURA , paru aux editions Amazon , dont l'auteur est SI HADJ MOHAND ABDENOUR, vous donne tous ces temoignages sur les evenements en kabylie de 1956 a 1962, y compris la grotte Bazooka de Ait Aissa Ouyahia
le lien ci dessous vous renvoie au site

http://www.google.dz/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=15&ved=0CEcQFjAEOAo&url=http%3A%2F%2Fwww.viaouest.com%2FbiblioB00DT8GJ50.html&ei=jPgtUs3hDcmc0QWdnYH4Cw&usg=AFQjCNH4vXFxB83enTiZ1b0-mFhVcNa7Ww&sig2=U40ZeNocbjIYiqnIGVthTg&cad=rja

Écrit par : si hadj mohand | 09/09/2013

J'aimerais avoir des renseignements de la part les militaires français qui ont participés à l'accrochage qui avait lieu à thafssa bouchéne , village de timeghras , en aout 1966.

Écrit par : Lebid(Lebad) | 27/10/2013

Je m'éxcuse pour l'erreur introduite dans mon article ci-dessus écrit le 27.10.2013. Je réctifie pour demander des renseignements de de la part des militaires français qui ont participés à l'accrochage qui avait lieu en juillet 1957 au lieu dit " Thafssa bouchéne", situé au coeur de la montagne à 100 métres sous la main du juif, et 2 kms au dessus du village de timeghras, qui dépendait à l'époque de la SAS larba des ouacifs.

Écrit par : Lebid mohamed | 26/02/2014

je cherche un militaire qui répond au nom de jean roy

Écrit par : mechoub | 25/08/2014

il etait dans la commune de kourit ( agouni fourou ) algerie

Écrit par : mechoub | 25/08/2014

je cherche des informations sur l'arasement du village ighil-boukiassa par les francais le 11 novembre 1956

Écrit par : merouane | 06/10/2014

RIEN QUE DANS LA COMMUNE D'AIT BOUMAHDI SOUS PRÉFECTURE DE MICHELET PLUS DE 100 JEUNES FILLES FEMMES MÈRES DE FAMILLE ONT ÉTÉ ASSASSINÉES PAR LES SOLDATS CRIMINELS FRANÇAIS TOUTES CES FEMMES SONT DES CIVILES ANALPHABÈTES

Écrit par : AHMED | 16/11/2014

Je voudrai bien rentrer en conctact avec un militaire soit des chasseurs alpins de Michelet,soit de la compagnie de l'ALN qui
avait organisé l'embusquade si bien réussie,afin de bien remémoriser ce que j'avais vu ce jour la sur place,
Voici mon email: kidermedahi@gmail.com
Merci d'avance

Écrit par : MEDDAHI | 16/11/2014

200 femmes torturées et tuées après viol a ait boumahdi de 1954 a 62

Écrit par : AHMED | 21/11/2014

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