30.04.2009
Le tambourin magique (Sakina AÏT-AHMED)
Jehha se doutait bien que les sept frères chercheraient vengeance. Or il connaissait leur appétit sans limite pour les richesses acquises facilement : il demanda à sa femme de préparer un grand plat de crêpes et des œufs durs.
- Dès qu'ils arriveront, je les inviterai à souper. Lorsqu'ils seront confortablement installés, je me mettrai à jouer du tambourin en disant deux fois : Tambourin de Jehha. Fais tomber du ciel tout ce que je désire
Toi, tu jetteras les œufs et les crêpes jusqu'à ce que le plat soit plein.
La femme se mit aussitôt au travail. Elle y passa la journée entière. Puis elle monta le tout dans la soupente.
Le soir, les sept frères arrivèrent, menaçants
- Hé! Jehha. Que le malheur soit sur toi! Sors donc un peu!
Jehha resta bien calme, et leur dit poliment :
- Entrez! Soyez les bienvenus! Et venez souper!
Après un moment, il parvint à les amadouer. Ils entrèrent dans la petite maison, mais il n'y avait aucune odeur de cuisine, le feu n'était même pas allumé!
- Où est le repas auquel tu nous convies? s'étonnèrent-ils.
- Asseyez-vous, mettez-vous à l'aise, vous allez manger à votre faim! Alors il se leva, prit le tambourin et se mit à chanter :
Tambourin de Jehha, que tout ce que je veux tombe du ciel...
Aussitôt les crêpes et les œufs se mirent à dégringoler du plafond. En un clin d'oeil, le grand plat en bois fut plein.
- Approchez, mangez autant que vous voulez
Éberlués, ils mangèrent.
Quand ils furent rassasiés, le tambourin magique passa de main en main. Ils décidèrent de l'acheter.
- Vends-nous ton tambourin, Jehha ! supplièrent-ils cette fois encore.
- Vous plaisantez, que deviendrions-nous ma femme et moi sans ce merveilleux objet?
- Tu n'as qu'à dire ton prix, nous sommes prêts à te donner ce que tu voudras. Et Jehha, visiblement embarrassé, finit par dire :
- Puisque vous insistez, je ne puis que satisfaire votre désir, donnez-m'en cent douros.
Le tambourin magique
Pages 28 à 34
Éditions L’Harmattan
1993
Texte berbère de cet album :
(Cliquez sur les vignettes pour les voir en grand format)
13:46 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note





Commentaires
"Timkardhit" semble avoir une consonance berbère mais je ne connais pas. Tandis que "Akka" signifie en kabyle le grain. Quelqu'un peut-il me renseigner ? Merci
Ecrit par : Idir | 07.05.2009
Bonjour Idir
D'après le 1er Dico français-kabyle en ligne
TIMKARDHIT = BIBLIOTHEQUE
(Mais je ne connais ni l'origine ni la diffusion de ce mot !)
GéLamBre
Ecrit par : Dico de Karim DANOUN | 07.05.2009
Bonjour,
Je voulais vous remercier pour votre billet dans le blog :
http://memoireduvent.canalblog.com/archives/2007/06/03/5095218.html
qui m'a fait découvrir le "grain magique" de Mme Amrouche.
A mon tour, je voulais vous faire part de la parution chez l'Harmattan de "vava inouva" et de "pois chiche" 2 contes kabyles qui m'ont ravie et qui m'ont permis de connaître cette légende chantée par Idir.
Merci et bonne continuation!
Ecrit par : mousse | 01.06.2009
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