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02/12/2008

El Hadj El Hachemi GUEROUABI (Youcef DRIS)

 

Poète et musicien, Guerouabi a su mêler le lyrisme aux bons mots, l’amour à la poésie. Il occupe une place centrale dans le monde de la chanson algérienne, maghrébine et arabe.

 

Son père, Sâad Guerouabi, originaire de Sour el Ghozlane, ex-Aumale, était venu s'installer dans le vieux quartier de la Redoute à Alger où il avait épousé une jeune Kabyle. De cette union étaient nés d'abord la grande soeur du chanteur, puis El Hachemi le 6 janvier 1938, enfin ses deux autres soeurs. La Seconde Guerre mondiale faisait rage, Sâad fut mobilisé et, lors­qu'il revint de l'armée, il avait contracté une maladie dont il mourut peu après. Sa femme, de santé fragile, ne tarda pas à le suivre dans la tombe. La soeur aînée, Fatma Zohra - de dix ans plus âgée que El Hachemi - s'occupa des enfants jusqu'au moment de son mariage avec Si Samil Driss, un horloger de Tizi-Ouzou. Les orphelins furent alors recueillis par une tante et un oncle paternels, la magnifique tante Taous et l'omniprésent oncle Belgacem, deux êtres extraordinaires de dévouement et d'amour, en dépit de leur condition modeste.

El Hachemi en voulait à la vie de lui avoir ravi trop tôt ce père qu'il aurait tant aimé connaître. De sa mère, il ne gardait en mémoire que la beauté incomparable et la voix si douce qui le berçait les soirs de sa petite enfance - il évoquerait longtemps plus tard, dans sa fameuse chanson annonçant un retour prochain à Alger, El Madania, le lieu sacré où elle repose à jamais.

Malgré son jeune âge, il se sentait responsable de ses deux soeurs cadettes et jouait avec elles au grand frère protecteur. Quant à sa soeur aînée, à laquelle il resterait toujours très attaché, il allait la voir à Tizi-Ouzou pendant les vacances. Beaucoup d'habitants du quartier Aïn Hallouf qui étaient de la génération de Guerouabi se souviennent de ce garçon fougueux qui maniait le ballon rond avec dextérité et qui avait la répartie facile lorsque l'on tentait de le « charrier » sur son accent algérois.

Avec ses camarades de ce quartier populaire qu'était alors Belcourt, il avait commencé à jouer au football, mais une autre passion était née vers l'âge de 9 ou 10 ans, celle de la musique et de la poésie, Il commençait à taquiner le mandole et il découvrait le pouvoir que sa voix exerçait sur les autres.

Dans le même temps, il supportait mal la discipline rigoriste de l'enseignement français de cette époque, tant et si bien qu'il fut renvoyé de l'école primaire par un instituteur irascible, excédé de l'entendre constamment chanter et tambouriner en classe. « Tu n'auras jamais ton certificat d'études primaires », avait-il lancé d'un ton méprisant. L’élève Guerouabi qui, temps, avait changé d'école, revint en fin d'année exhiber le fameux sésame en interpellant son ancien instituteur : «  Monsieur, je l'ai eu malgré vous ! »...

 

Les deux passions de jeunesse de Guerouabi étaient donc le football et la musique.

 

 

DRIS-Youcef_El-Hadj-El-Hachemi-GUEROUABI.jpgYoucef DRIS

 

El Hadj El Hachemi GUEROUABI

 

Pages 37-41

 

 

 

Éditions Non Lieu

 

et Edif 2000

 

2007